Secteur
sauvegardé
La
loi Malraux du 4 août 1962 instaure des sectuers protégés
de patrimoine urbain. Troyes sera l'une des premières villes à sauvegarder
son centre-ville. Malgré les ravages provoqués par les guerres dans
l'est de la France, Troyes est préservée des démolitions et reste
une des principales villes françaises qui témoigne d'un ensemble
complet de maisons médiévales en bois. En effet, Troyes présente
encore aujourd'hui un ensemble unique de maisons en pans de bois
à la fois médiéval dans son esprit et Renaissance dans son style
puisque c'est l'incendie de 1524 qui a provoqué une reconstruction
massive et homogène des maisons qu'il s'agit désormais de conserver
habilement.
C'est
le 21 septembre 1964 qu'un secteur
sauvegardé est décrété à Troyes.
" Par arrêté du 21 septembre 1964, il est
créé sur le territoire de la ville de Troyes un secteur sauvegardé
en vue de la protection de son caractère historique et esthétique
et de sa restauration immobilière, dans les conditions fixées par
la loi du 4 août 1962. " Il couvre
alors 23 hectares de superficie. Par la suite, ce secteur sera étendu
à 23 hectares en 1968 et à 52 hectares en 1975. Aujourd'hui, le
secteur sauvegardé concerne environ 180 hectares de la ville après
un élargissement et une présentation au public du
nouveau plan en 2000.
Un
Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (P.S.M.V.) du centre ville
est donc mis en place afin de préserver ce patrimoine médiéval.
Le P.S.M.V. fixe les règles d'architecture, d'urbanisme et d'aménagement
applicables au secteur sauvegardé de Troyes, dans les conditions
définies par les articles L et R. 313-1 et suivants du Code de l'Urbanisme.
Ces dispositions s'imposent aux particuliers comme aux personnes
morales, publiques ou privées, et s'appliquent aux constructions
nouvelles, à l'entretien, la restauration et la modification intérieure
et extérieure des constructions existantes, ainsi qu'à l'aménagement
des espaces non bâtis. L'Architecte des Bâtiments de France assure
la surveillance générale de tout aménagement, en vue de préserver
son caractère esthétique et en particulier de conserver les immeubles
qui présentent un intérêt archéologique, historique, architectural
ou urbain. Tous travaux ayant pour effet de modifier l'état des
immeubles bâtis ou non bâtis sont donc soumis à autorisation subordonnée
à l'avis favorable de l'Architecte des Bâtiments de France. Les
travaux de restauration se conçoivent immeuble par immeuble, voire
façade par façade en fonction de l'époque d'origine de la construction.
La restauration nécessite donc des études et des recherches préalables
approfondies.
Ce plan de mise en valeur du patrimoine troyen
vise à garder un équilibre entre les moyens des propriétaires et
l'intérêt de la collectivité. Apparaît ainsi une volonté d'éviter
que le cœur de la ville n'appartienne qu'aux plus riches.
En
parallèle au P.S.M.V., la ville a lancé une Opération d'Amélioration
de l'Habitat (OPAH) visant à aider financièrement les propriétaires
de logements en secteur sauvegardé voulant rénover leur maison.
L'objectif premier de l'OPAH est de résoudre le problème des logements
vacants encore insalubres et de les réhabiliter. 700 logements environ
sont aujourd'hui concernés par cette réhabilitation. Le second objectif
de l'OPAH est la mise en valeur du patrimoine, un critère incontournable
dans une ville comme Troyes.
La
ville de Troyes instaure ainsi une véritable politique d'aménagement
autour de trois objectifs principaux :
- le Bouchon de Champagne doit conserver
son véritable rôle de centre-ville
- lutter contre la vacance des logements
- requalifier l'image du Bouchon en matière de restauration et
de construction, d'amélioration de l'environnement et d'aménagement
urbain.
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